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CoreVIH IdF Ouest - Note d'information n°4-Covid 19 - 15 mai 2020
Posté le 15/05/2020 15:58:45

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Note d’information n° 4 – Covid-19

15 mai 2020

 

Dans le contexte sanitaire actuel, le CoreVIH Ile-de-France Ouest se mobilise afin de rester un relais d’informations pour les actrices et les acteurs du territoire durant cette période.

 

Dans cette optique,

1.    Le site internet du CoreVIH Ile-de-France Ouest sera actualisé en fonction de l’actualité et nous vous invitons à le consulter régulièrement : www.corevihouest.org

2.    Les bureaux du CoreVIH IDF Ouest sont actuellement fermés jusqu’à nouvel ordre mais nous restons néanmoins joignables par téléphone du lundi au vendredi de 9h à 17h au : 01 49 09 59 58ou par mail :helene.lepinay@aphp.fr

3.    Des notes d’information thématiques spéciales Covid-19 seront régulièrement publiées sur notre site internet et transmises par courriel à l’ensemble des membres de notre réseau de partenaires.

 

Pour cette 4ème note d’information spéciale Covid-19, nous vous proposons :

 - une actualisation à la date du 11 mai 2020 de la continuité de l’activité des structures du territoire et du comité intervenant dans le champ du VIH, des IST et de la santé sexuelle dans les domaines de la prévention, des dépistages et des soins ;

- une actualisation à la date du 11 mai 2020 des conduites à tenir dans les domaines de la prévention, des dépistages et des soins dans le champ du VIH, des IST et de la santé sexuelle pendant la période post-confinement Covid-19 à relayer auprès de vos usagères et de vos usagers ;

- un extrait des questions/réponses abordées lors du temps d’information et d’échanges virtuel organisé le 7 mai 2020 par le CoreVIH IdF Ouest sur la thématique Covid-19/dé.confinement en lien avec le VIH, les IST et/ou la santé sexuelle[1] ;

 

Pour retrouver les principales informations des précédentes notes d’information spéciales Covid-19 du CoreVIH IdF Ouest, nous vous invitons à cliquer sur la partie surlignée :

- Dispositifs d’aide pendant la crise sanitaire Covid-19 ;

- FAQ (Foire aux Questions) sur la thématique Covid-19 en lien avec le VIH, les IST et la santé sexuelle.


 

Continuité de l’activité des structures VIH/IST/santé sexuelle du territoire et du comité

(Date actualisation : 11 mai 2020)

 

Pendant la période post-confinement Covid-19, on note une nette amélioration de l’accès aux principales structures intervenant dans les champs du VIH, des IST (Infections Sexuellement Transmissibles) et de la santé sexuelle dans les domaines de la prévention, des dépistages et des soins :

- L’activité de la grande majorité des CeGIDD (Centre Gratuit d’Information, de Dépistage, de Diagnostic du VIH, des hépatites virales et des autres IST-Infections Sexuellement Transmissibles) notamment de dépistage du VIH et des IST reprend très progressivement avec une adaptation des modalités d’accueil (sur RDV, port du masque, rendu des résultats par téléphone, etc.) →pour retrouver un état des lieux de la continuité de l’activité des CeGIDD du territoire, cliquer ici

- L’accueil des personnes exposées à un risque d’infection VIH/VHB/VHC suite à un AES (Accident d’Exposition Sexuelle) par les SAU (Services d’Accueil et de traitement des Urgences), les CeGIDD et les services référents VIH est élargi avec une adaptation des modalités d’accueil →pour retrouver un état des lieux de la continuité de l’activité de prise en charge des AES du territoire, cliquer ici

- L’accueil des personnes souhaitant initier/reprendre/poursuivre une PrEP (Prophylaxie Pré-exposition) est possible dans la grande majorité des centres prescripteurs PrEP en téléconsultation et/ou en présentiel avec une adaptation des modalités d’accueil → pour retrouver un état des lieux de la continuité de l’activité PrEP du territoire, cliquer ici

- L’accueil des PvVIH (personnes vivant avec le VIH) est possible en téléconsultation et en présentiel avec une adaptation des modalités d’accueil dans la grande majorité des services référents VIH → pour retrouver un état des lieux de la continuité de l’activité des services référents VIH, cliquer  ici 

- La capacité d’accueil physique des CPEF (Centres de Planification ou d’Education Familiale) s’élargit avec une adaptation des modalités d’accueil → pour retrouver un état des lieux de la continuité de l’activité des CPEF du territoire, cliquer  ici 

- L’activité d’accompagnement communautaire par les associations VIH du territoire et du comité se poursuit principalement à distance → pour retrouver un état des lieux de la continuité de l’activité des associations VIH du territoire et du comité, cliquer  ici 

- L’activité d’accueil physique et de maraude des CAARUD (Centres d'Accueil et d'Accompagnement à la Réduction de risques pour Usagers de Drogues) se maintient → pour retrouver un état des lieux de la continuité de l’activité des CAARUD du territoire, cliquer  ici 

 

 

Conduites à tenir dans le champ du VIH, des IST et de la santé sexuelle pendant la période post-confinement Covid-19

(Date d’actualisation : 15 mai 2020)

 

→ En cas d’accident d’exposition sexuelle (AES)

✅ Se rendre au plus tard dans les 48h suivant la prise de risque aux urgences d'un établissement hospitalier. La prise en charge initiales et/ou le suivi pourra selon les situations être assurés par les urgences, un service référent VIH ou un CeGIDD en présentiel* ou à distance → pour retrouver l’état de la continuité de l'activité de prise en charge des AES (Accidents d’Exposition Sexuelle) sur le territoire, cliquer ici

 

→ Pour réaliser un test VIH et/ou IST

✅ Demander l’envoi d’un autotest VIH, d'une ordonnance pour un check up complet des IST et/ou un accompagnement téléphonique par l'association Aides dans le cadre de la campagne de prévention "Teste toi avant le sexe" portée par Aides, le CoreVIH Arc Alpin et Vers Paris sans sida en lien avec Santé publique France → pour le 78/92, appeler le : 06 34 03 31 57, pour le 95, appeler le 06 34 03 34 91 ou par mail : testbeforesexidf@aides.org

✅ Prendre contact par téléphone avec un CeGIDD pour prendre RDV pour un dépistage VIH et/ou IST → pour retrouver l’état de la continuité de l'activité des CeGIDD du territoire, cliquer  ici 

✅ Se rendre en pharmacie* pour acheter un autotest VIH

✅ Prendre contact par téléphone avec une association habilitée à réaliser des TROD pour connaître le lieu de ses prochaines actions de dépistage* → pour retrouver l’état de la continuité de l'activité des associations VIH du territoire, cliquer  ici 

 

→ Pour les personnes prenant ou souhaitant prendre la PrEP (Prophylaxie Pré-Exposition)

✅ Pour une consultation d'initiation, de suivi ou en cas d'IST, prendre contact par téléphone avec un centre prescripteur PrEP. Selon les situations, des consultations en présentiel* et/ou en télémédecine sont proposées → pour retrouver l’état de la continuité de l'activité des centres prescripteurs PrEP du territoire, cliquer ici

 

→ Pour les personnes souhaitant se procurer du matériel de RdR (Réduction des Risques)

✅ Les CAARUD (Centres d'Accueil et d'Accompagnement à la Réduction de risques pour Usagers de Drogues) sont ouverts pour un accueil individuel pour les situations urgentes et la distribution de matériel de RdR et ont repris leur activité de maraudes → pour retrouver l’état de la continuité de l'activité des CAARUD du territoire, cliquer ici

 

→ Pour les personnes prises en charge pour le VIH et/ou une hépatite

✅ Pour une consultation avec le médecin traitant ou dans le service hospitalier de suivi VIH : prendre contact par téléphone pour un RDV. Selon les situations, des consultations en présentiel* ou en télémédecine sont proposées → pour retrouver l’état de la continuité de l'activité des services référents VIH, cliquer ici

✅ En cas de symptômes Covid-19 (fièvre, toux sèche et/ou difficulté respiratoire) : contacter par téléphone son médecin traitant, son médecin référent VIH ou le 15 → pour retrouver les informations et recommandations pour les PvVIH (Personnes vivant avec le VIH) élaboré par l’InterCoreVIH francilien au sujet de l’épidémie COVID-19, cliquer ici

✅ Pour un accompagnement par une association communautaire : contacter par téléphone l'association. Selon les situations, un accompagnement à distance ou en présentiel* est proposé → pour retrouver l’état de la continuité de l'activité des associations VIH du territoire et du comité, cliquer ici

 

→ Pour le renouvellement de la pilule contraceptive ou en cas de grossesse non-désirée

✅ Prendre contact par téléphone auprès d'un CPEF (Centre de Planification ou d'Education Familiale) pour un RDV → pour retrouver l’état de la continuité de l'activité des CPEF du territoire, cliquer  ici 

 

→ Peuvent également être contactés :

✅ Pour toute question liée au VIH, Sida Info Service :

- Numéro vert : 0800 840 840(appel confidentiel, gratuit et anonyme) disponible 7j/7 de 8h à 21h.

- Mail : www.sida-info-service.org/poser-une-question-par-mail

✅Pour toute question concernant les hépatites, Hépatites Info Service : 0 800 845 800 (appel confidentiel, gratuit et anonyme) disponible 7j/7 de 8h à 12h.

✅ Pour toute question liée à la contraception, l’avortement, la sexualité (etc.), la Plateforme du Planning familial : 0800 08 11 11 (numéro vert appel confidentiel, gratuit et anonyme) disponible du lundi au samedi de 9h à 20h.

 

* Ne pas se déplacer en cas de symptômes du COVID-19 et de ne pas prendre les transports en commun. En cas de doute, contacter son médecin traitant.


 

Questions/réponses sur la thématique Covid-19/dé.confinement en lien avec le VIH, les IST et la santé sexuelle

7 mai 2020

 

Vie affective et sexuelle et Covid-19

 

Quelles sont les voies de transmission du SARS-CoV2, le virus responsable de la maladie « Covid-19 » ? Le SARS-CoV2 est-il transmissible lors des relations sexuelles ?

Dr Vincent Daneluzzi : Le SARS- CoV2, le virus à l’origine de la maladie Covid-19, est un virus à transmission principalement respiratoire. Il se transmet le plus souvent par les postillons. C’est pourquoi, pour s’en protéger il faut respecter les « mesures-barrière », la distanciation physique et le port d’un masque quand on est plus proche des gens qui nous entourent (dans les transports en commun, par exemple). Pendant le rapport sexuel, il n’y a pas de transmission par contact génital direct, comme pour la syphilis, la gonorrhée ou le VIH. En revanche, la grande proximité physique pendant un rapport sexuel permet l’échange de postillons  ou de salive pendant un baiser, et cela favorise fortement la transmission du SARS-CoV2.

 

Des écrits scientifiques ont démontré la présence du SARS-CoV2 dans les selles. Aussi, peut-il être présent dans les muqueuses vaginales ou anales ?

Dr Vincent Daneluzzi : La majorité des personnes infectées par le SARS-CoV2 présentent un tableau clinique respiratoire, ils toussent, ils ont des difficultés pour respirer,  seulement une minorité de personnes présentent plutôt un tableau digestif : mal au ventre, diarrhée. Dans ce cas, en cas de rapport sexuel par voie anale ou avec contact de la muqueuse de l’anus, éventuellement on peut croiser ce virus à ce niveau-là, mais il n’y a pas encore de certitude.

Pr Elisabeth Rouveix : Certaines études ont confirmé la présence de virus dans les selles par PCR sans données quantitatives. En cas de présence du virus dans la muqueuse de l’anus ou du périnée, pour qu’il y ait contamination par le virus SARS Cov 2, il faut qu’il y ait également contact avec une muqueuse réceptive, à savoir les muqueuses respiratoires.

 

Avant le confinement, j’ai discuté avec quelqu’un et là, on va se rencontrer, qu’est-ce qu’il faut faire ? Déjà est-ce qu’il va falloir mettre le masque ? Je ne sais pas comment cela va se passer ? Est-ce qu’il y a des risques d’attraper le Covid-19 ? Il faut quand même qu’on discute ?

Dr Vincent Daneluzzi : C’est un drôle de moment pour rencontrer quelqu’un, mais c’est génial, la vie continue ! C’est tout à fait normal d’avoir envie d’embrasser quelqu’un, d’avoir des relations sexuelles avec quelqu’un. Maintenant, la balle est dans votre camp. Est-ce que vous avez envie d’embrasser la personne tout de suite et d’avoir des rapports sexuels avec elle tout de suite ? Est-ce que vous avez envie dans un premier temps de vous rencontrer sur un banc en respectant une distance  de 2 mètres ? C’est tout à fait possible. Vous n’avez même pas besoin de masque si vous êtes dehors et que vous discutez à 2 mètres l’un de l’autre. C’est tout ça, qu’il faut prendre en compte. Et si la rencontre se passe bien, peut-être que vous aurez envie de l’embrasser. A part s’il a de la fièvre, qui pourra savoir si lui ou vous êtes porteur du virus SARS-CoV2 ? Personne ne pourra répondre à cette question. Donc, moi ce que je pense dans votre situation, c’est qu’il faut organiser cette 1ère rencontre, et pas besoin de porter un masque si vous restez à 2 mètres l’un de l’autre. Et si ça va plus loin, et bah, effectivement vous allez mesurer le risque : je n’ai pas de fièvre, toi non plus, tu ne tousses pas, moi non plus. Bon et bah, a priori, on n’est pas porteurs du virus.

 

 

Travail des associations VIH et Covid-19

 

Quelles recommandations pour les associations recevant des PvVIH ? Qu’est-ce que vous recommander pour recevoir les gens ? Est-ce qu’on doit être 2 ou est-ce qu’on peut être plus (3 ou 4) ?

Dr Frédéric Goyet : Il s’agit de réduire au maximum les échanges et la proximité et donc de privilégier l’accueil individuel avec une distance physique avec la possibilité d’avoir un accompagnant. Par exemple, éviter la présence d’un trop grand nombre de personnes dans la salle d’attente, en mettant 1 chaise sur 2. Il est tout possible de mettre un masque en tissu. A ce jour, l’ARS IdF n’est pas en mesure de fournir des masques aux associations mais les associations ont la possibilité d’acheter des masques avec leur dotation ARS.

 

Quels sont vos conseils en RdR (Réduction des Risques) pour les équipes des maraudes associatives intervenant auprès des travailleuses du sexe exerçant dans la rue et qui n’ont pas nécessairement accès à l’eau et au savon pour se nettoyer les mains ?

Pr Elisabeth Rouveix : Concernant le lavage des mains pour ces personnes, nous n’avons pas vraiment de solution. Concernant les mesures barrières respiratoires, quand on est à moins d’1 mètre pendant plus de 10 ou 15 minutes avec une personne, il est utile de porter un masque chirurgical ou un masque maison. C’est déjà un geste barrière si une personne ou les 2 personnes met.tent quelque chose entre ce qui sort des poumons de chacun.

 

 

PvVIH et risque de contamination par le SARS Cov 2 (Covid 19)

 

Est-ce que les personnes VIH sont plus à risque que la population générale d’attraper le Ccovid-19 ? Et si oui, pourquoi une recherche Covid-19 chez les PvVIH (Personnes vivant avec le VIH) n’a pas été systématiquement effectuée ?

Pr Elisabeth Rouveix : A l’heure actuelle, au vu des données disponibles, on peut affirmer qu’il n’existe pas de susceptibilité particulière des PvVIH au Covid-19. Le VIH ne sensibilise pas, n’est un risque en soi de contracter la maladie Covid-19. De plus, les PvVIH n’ont pas non plus des formes plus graves que le reste de la population. En revanche, une PvVIH peut avoir d’autres facteurs de risque comme un surpoids, des problèmes d’obésité, des problèmes respiratoires antérieurs, des problèmes cardiaques antérieurs dont on sait qu’ils peuvent favoriser la gravité de la maladie Covid-19. Mais, le VIH en soi, n’augmente pas la possibilité d’être plus sensible au Covid-19 ni la gravité de la maladie Covid-19. Il demeure un doute pour les PvVIH avec une charge virale élevée et des CD4 bas, on suppose qu’ils sont plus susceptibles d’attraper le virus SARS Cov 2 et de développer une forme grave de la maladie Covid-19. Mais, il s’agit d’une supposition, nous n’avons pas de confirmation scientifique à ce jour. C’est pourquoi, il n’a pas été prévu de dépistage spécifique du virus SARS Cov 2 chez les PvVIH, ceci d’autant que le dépistage du virus SARS Cov 2 n’est valable qu’à un moment donné.

 

Il paraît que c’est par rapport à nos traitements (anti-VIH) que nous ne sommes pas contaminés par le Covid-19 ?

Dr Vincent Daneluzzi : Concernant l’effet protecteur du traitement anti-VIH sur le Covid-19, non cela n’existe pas. Je rappelle d’abord qu’aucun médicament n’est certifié efficace pour guérir les gens qui sont infectés par le SARS6CoV2. Malheureusement, il n’y en a pas. Il y a des gens qui ont fait des essais, des cohortes entières de patients qui ont été traités par ça ou ça, mais il n’y en a aucun qui soit réellement efficace à ce jour. Et les traitements anti-VIH, ils sont très efficaces contre le VIH, mais malheureusement, ils ne protègent pas du tout contre le Covid-19.

 

J’ai RDV avec le Dr pour mon suivi VIH le 23 mai, est-ce qu’on va me dépister pour le coronavirus ? Est-ce que les personnes qui vont se rendre à l’hôpital dans les semaines à venir pour autre chose qu’un Covid-19 vont systématiquement se faire dépister pour le SARS-CoV2 ?

Dr Vincent Daneluzzi : Dans l’hôpital, il y a d’un côté, les personnes porteuses du virus SARS-CoV2 et d’un autre côté, les autres patients, et on évite bien entendu de  croiser ces patients pour que les personnes indemnes n’attrapent pas le virus. Mais, toutes les personnes ne seront pas systématiquement dépistées.

Pr Elisabeth Rouveix : Les consultations VIH n’ont jamais vraiment arrêté. Tous les patients et tous les soignants auront des masques. Et on réaménage également les salles.

 

 

PvVIH, Covid-19, déconfinement et gestion des angoisses

 

Comment peut-on gérer nos angoisses à la reprise des transports ?

Sabine Noël : Le déconfinement est potentiellement plus anxiogène que le confinement, ceci pour différentes raisons. Tout d’abord, le déconfinement ne se déroule pas dans les conditions souhaitées, à savoir dans un contexte où il n’y plus de virus et donc aucun risque. Il nous faut vivre avec l’idée que le virus est toujours là. Pendant les 2 mois de confinement, nous avons vécu avec le sentiment que le risque était bien identifié. Il y avait l’intérieur avec le domicile et l’extérieur qui était le reste du monde et le virus. Certains parfois ne sont pas du tout sortis, d’autres un peu plus. A l’aune du déconfinement, il nous semble que la 1ère chose à faire, c’est premièrement de se rassurer avec les propos généraux des médecins et le sien (généraliste et /ou spécialiste) si il y a des comorbités associées ou une anxiété majeure. Ensuite, il est important de sortir progressivement, petit à petit,  pour pouvoir se réadapter à l’univers environnant. Il est nécessaire de bien respecter les gestes barrières. En résumé, il n’y pas de solution miracle, mais il faut y aller progressivement, à son rythme. Par rapport aux transports, c’est la même chose. Plus vous pourrez sous appuyer sur les outils pour maîtriser le risque, c’est-à-dire des masques, du gel, mesures barrières  respectées et surtout une parole rassurante de vos médecins, plus vous arriverez à vous autoriser, à vous dire que vous pouvez vivre, à supporter l’idée qu’il y a un risque autour de vous.

 

Est-il nécessaire de jeter ses vêtements en rentrant chez soi près avoir fait ses courses ?

Dr Vincent Daneluzzi : Depuis le 8 mars 2020, je travaille dans une unité Covid et le soir, lorsque je rentre chez moi, je me lave les mains et c’est tout. Le degré d’inquiétude, de stress, d’obsessionnalité varie selon les individus. Chacun doit trouver son truc pour se rassurer et faire diminuer le plus possible le degré d’inquiétude.

Pr Elisabeth Rouveix : Il est par ailleurs nécessaire de se rappeler que la majorité des transmissions du virus SARS Cov 2 se fait par voie respiratoire, et très un peu par contact dans la mesure où le virus ne reste pas longtemps sur les surfaces. Il faut rappeler que chacun doit aller à son rythme et arriver à se dire que chacun a les moyens de prendre soin de lui-même en respectant toujours ces fameux gestes barrières. On n’est pas totalement impuissant face à ce virus.

Sabine Noël : Pendant les 2 mois de confinement, on n’a pas vécu les choses de la même manière et pour ceux qui ne sont pas sortis du tout, c’est compliqué de ressortir et de se rassurer. Et pour faire le lien avec ce qui a été dit au sujet du VIH, parce que vous avez déjà été fortement touché dans votre corps, vous connaissez ce que c’est que la maladie, la vulnérabilité liée à une maladie, vous êtes forcément plus vulnérables moralement. Vous avez déjà vécu beaucoup de choses difficiles pour beaucoup d’entre vous. Mais, le risque que nous connaissons actuellement, il est beaucoup plus maitrisable à partir du moment où vous respectez les gestes barrières. Et pour refaire le lien avec la douche, la douche à l’hôpital, c’est vraiment la tarte à la crème entre personnels hospitaliers. D’une personne à l’autre, il y a ceux qui vont se précipiter à la douche en rentrant chez eux et ceux que non. Il s’agit de sentir à l’aise avec soi dans son corps au-delà des gestes barrières.

 

Les dispositifs de soutien psychologique existant pendant le confinement vont-t-ils perdurer après le déconfinement ?

Sabine Noël : A priori, oui, que ce soit le dispositif de la Croix Rouge ou celui du gouvernement.

Dr Frédéric Goyet : Il n’est pas prévu d’arrêter les dispositifs de soutien mis en place pendant le confinement. A l’ARS, on anticipe bien le fait que le déconfinement va être plus difficile à vivre et qu’en plus ça va s’inscrire sur la durée.

 

Témoignage d’une PvVIH concernant son anxiété par rapport au fait que contrairement à elle, ses enfants sortent et rentrent et peuvent ramener le virus SARS-CoV2 à la maison. Est-ce qu’on est plus fragile ? Est-ce qu’on doit suivre des mesures plus que les autres personnes ? Est-ce que je peux sortir faire mes courses en respectant les gestes barrières ? Est-ce que je peux faire un câlin à mes enfants simplement en mettant un masque ? Leur faire des baisers ? Et avec mon conjoint qui travaille à l’extérieur, est-ce que mettre un masque pour faire l’amour est suffisant ?

Dr Vincent Daneluzzi : La vie en 2020 en France, c’est avec du coronavirus qui circule, c’est comme ça on n’y peut rien. Maintenant, il ne faut pas que ça vous empêche de vivre. Je ne vous connais pas, Madame, je ne sais pas si vous prenez un traitement immunosuppresseur ou pas, je ne connais pas votre taux de CD4 si vous avez le VIH mais, si vous n’êtes pas dans les personnes dites à risque, autrement dit si vous n’êtes pas une personne âgée de plus de 70 ans, obèse, avec un cœur qui ne fonctionne plus, ou une insuffisance respiratoire grave, votre risque à vous, il n’est pas plus important que le mien. On ne peut pas totalement supprimer le risque d’attraper le SARS-CoV2, on peut simplement mettre en place les meilleures mesures pour ne pas l’attraper. Mais, cela ne doit pas vous empêcher de faire un bisou à votre enfant, de passer du bon temps avec votre ami, tant qu’il n’a pas de fièvre et qu’il ne tousse pas. Vous allez petit à petit mettre des choses en place pour vous protéger et pour vous rassurez.

 

 

Un grand merci d’avance pour votre mobilisation.

Nous restons à votre disposition pour toute information complémentaire et n’hésitez à nous adresser vos idées de thématiques pour les prochaines notes d’information spéciales Covid-19 et à partager avec nous toute information vous paraissant utile :

01 49 09 59 58/ helene.lepinay@aphp.fr

 



[1] Temps d’information et d’échanges virtuel du jeudi 7 mai 2020 à destinations des structures VIH/IST/santé sexuelle du territoire, leurs patient.e.s et leurs usagères/gers organisé par le CoreVIH IdF Ouest. Intervenant.e.s : Dr Vincent Daneluzzi, médecin à l’hôpital Max Fourestier, Dr Frédéric Goyet, ARS Ile-de-France, Sabine Noël, psychologue clinicienne à l’hôpital Ambroise Paré, Pr Elisabeth Rouveix, médecin à l’hôpital Ambroise Paré.