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Bulletin de veille sanitaire - IST en IdF - dec 2015

L’Institut de veille sanitaire (InVS) produit chaque année, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, des données actualisées sur l’infection à VIH et les infections sexuellement transmissibles (IST) en France. Ces données reposent sur différents systèmes de surveillance auxquels participent biologistes et/ou cliniciens, de façon obligatoire ou volontaire, et sur des enquêtes menées auprès de populations spécifiques.

Points clés

Le nombre de découvertes de séropositivité à VIH est estimé à près de 6 600 en 2014 ; ce nombre est stable depuis 2007. Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et les hétérosexuels nés à l’étranger (dont les ¾ sont nés dans un pays d’Afrique subsaharienne) restent les deux groupes les plus touchés et représentent respectivement 42% et 39% des découvertes en 2014. Les hétérosexuels nés en France et les usagers de drogue représentent respectivement 17% et 1%.

La seule tendance significative depuis 2011 est observée chez les HSH, chez lesquels le nombre de nouveaux diagnostics d’infection à VIH continue d’augmenter. Ils sont près de 2 800 à avoir découvert leur séropositivité en 2014.

La tendance à une plus grande précocité des diagnostics sur les années récentes ne se poursuit pas en 2014, dans un contexte où l’activité globale de dépistage du VIH est stable depuis 2011 (5,3 millions de sérologies réalisées en 2014).

Le nombre de tests rapides d’orientation diagnostique (TROD), réalisés dans le cadre d’actions de « dépistage communautaire » depuis fin 2011, a augmenté progressivement mais reste marginal par rapport à l’activité de dépistage en laboratoire. Ces actions ont bénéficié, au départ, essentiellement à la population HSH, mais ont depuis touché des publics plus diversifiés. Parmi 61 600 TROD réalisés en 2014, 30% l’ont été chez des HSH, 28% chez des migrants et 36% chez des personnes n’appartenant pas aux populations les plus exposées.

Les estimations d’incidence montrent que le nombre annuel de contaminations par le VIH est toujours très élevé chez les HSH(3 800 en 2012) et supérieur à celui des découvertes de séropositivité dans ce groupe, ce qui tend à montrer que leur recours au dépistage est insuffisant. L’incidence globale chez les HSH ne diminue pas sur les années récentes et augmente même chez les plus jeunes. Parallèlement, la progression des autres IST (syphilis récentes, infections à gonocoques, et lymphogranulomatoses vénériennes-LGV-) se poursuit chez les HSH. Même si le préservatif est le seul moyen de prévention protégeant à la fois du VIH et des autres IST, il est indispensable de mobiliser l’ensemble des outils de prévention pour cette population, dans une logique de prévention combinée.

Pour télécharger le BVS, cliquer ici.

Bulletin ORS - Suivi de l'infection à VIH/sida en IdF - dec 2015

A l’occasion du 1er décembre, Journée mondiale de lutte contre le sida, l’ORS Île-de-France réalise un état des lieux de l’épidémie dans la région.

La thématique centrale du Bulletin est celle des approches territoriales face au VIH/sida, avec des contributions de Pierre Chauvin (Inserm et Sorbonne Universités UMPC) et de France Lert (chargée de mission pour la Ville de Paris).

L’épidémiologie du VIH dans la région souligne des disparités territoriales majeures qui devraient trouver leurs traductions dans la mobilisation de moyens, mais aussi dans la capacité de chaque territoire à trouver les leviers sur lesquels agir pour faire reculer l’épidémie.

L’essentiel de l’étude

•             Depuis 2011, chaque année, en moyenne 2 650 Franciliens et Franciliennes découvrent leur séropositivité. Ce chiffre ne diminue plus depuis trois ans. Environ 60% ont été contaminés par voie hétérosexuelle et 40% lors de rapports sexuels entre hommes.

•             Parmi ces Franciliens, un quart sont à un stade clinique très tardif au moment du dépistage, déjà au stade sida ou avec un système immunitaire très faible. Cette situation est plus fréquemment rencontrée parmi les personnes contaminées par voie hétérosexuelle ou parmi les personnes migrantes. Or, l’enjeu du dépistage précoce est majeur pour permettre aux personnes séropositives d’accéder au plus tôt aux traitements.

•             Si les populations sont diversement touchées, l’épidémiologie du VIH souligne des disparités territoriales d’une grande ampleur, avec un gradient de 1 à près de 20 selon les communes franciliennes, quand on considère la part de la population prise en charge au titre d’une Affection de longue durée pour VIH.

•             Dans les territoires franciliens à faible densité d’offre libérale de soins, il existe un lien positif entre le niveau de recours au dépistage des habitants et l’offre de dépistage gratuit dans leur quartier de résidence.

•             Il est nécessaire d’élaborer des stratégies de prévention dite combinée, qui  intègrent le traitement comme outil de prévention chez les personnes séropositives (Treatment as prevention, TasP) et chez les personnes séronégatives avec la prophylaxie pré-exposition (PreP), et d’ajuster ces stratégies aux besoins locaux.

Pour télécharger le bulletin, cliquer ici.

Date de dernière mise à jour : 6 Janvier 2016